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Quelles sont les matières premières qui composent un smartphone ?

Le reconditionné, en clair

08 janvier 2021 - Matthieu

Matières premières qui composent un smartphone

Arrivés petit à petit sur le marché depuis le début des années 2000, les smartphones ont connu une croissance phénoménale à partir de 2007. Toujours plus performants et plus impressionnants, ces concentrés de technologies ne cessent d’évoluer, provoquant une obsolescence non négligeable. Au-delà des questions morales posées par cette course folle, la production de tant de smartphones pose un problème bien concret, celui des matières premières. Environnement, enjeux politiques et utilisation de matières rares et non renouvelables, qu’y a-t-il vraiment dans nos smartphones ?

Une quantité impressionnante de matières

Si la plupart des smartphones ont aujourd’hui une apparence simple et épurée, les technologies qu’ils renferment sont constituées de plus de 70 matériaux différents.

Un mobile nouvelle génération est constitué des plastiques et autres matières synthétiques conçues à partir de mélanges de produits chimiques (de 30 à 50 %). Les écrans et capteurs, entre autres, sont réalisés en verres et en céramiques, matériaux que l’on retrouve à hauteur de 10 à 20 % dans la composition d’un smartphone. Enfin, la partie la plus conséquente (40 à 60 %) est constituée par des métaux : ferreux et non ferreux (80 à 85%) comme l’aluminium et le cuivre par exemple, et d’autres substances (15 à 20%) telles que le magnésium, le carbone, le lithium… On retrouve également des métaux précieux comme l’or, le platine, le palladium (0,5%) et des métaux rares (appelés « terres rares ») à hauteur de 0,1% qui sont utilisés pour des alliages.

Des ressources sur les cinq continents

Ces matières sont indispensables à la fabrication d’un smartphone mais leurs extractions ont un impact considérable sur l’environnement avec des conséquences géopolitiques à travers le monde.

C’est par exemple le cas des terres rares, qui proviennent à 90% de la Chine, du cuivre, qui arrive principalement du Chili, ou encore du cobalt et du coltan, matières majoritairement produites en République démocratique du Congo.

Au-delà des efforts colossaux déployés pour rechercher des gisements et en extraire les minerais nécessaires à la fabrication  d’un smartphone, il faut aussi prendre en compte les phases de transformation de ces matières premières, ainsi que leur acheminement sur les différents sites de production.

Des répercussions sociétales et environnementales

De surcroît, du bilan carbone élevé, l’extraction de ces dernières a des impacts considérables sur différents plans.

En tout premier lieu, l’extraction et la transformation de ces minerais laissent des traces importantes sur l’environnement, en polluant les alentours des sites miniers et en produisant de nombreuses émissions de gaz à effet de serre. Il est également important de noter que ces richesses enfouies, une fois exposées, causent fréquemment des conflits géopolitiques nationaux et internationaux, et attisent les tensions ethniques. Enfin, si ces conflits sont souvent géographiquement bien loin du client final du smartphone, il ne faut pas oublier que ces conséquences ont un impact direct et immédiat sur les populations locales, plongées en plein cœur de problèmes écologiques et politiques.

Peut-on changer la donne ?

Les chiffres du secteur sont souvent opaques, mais on estime qu’en 2019, 1,5 milliards de smartphones neufs se sont vendus dans le monde, dont environ 18 millions pour la France. Depuis 2018, les analystes constatent que les ventes de smartphones neufs diminuent au niveau mondial. Qu’il s’agisse d’une prise de conscience environnementale, ou d’un refus de céder à l’obsolescence programmée, force est de constater que les utilisateurs changent leurs modes de consommation.
Pour être en phase avec cette tendance et consommer de manière responsable, il existe de nombreuses solutions pour réduire son empreinte environnementale et géopolitique.
La première consiste à revendre son ancien smartphone, pour lui offrir une seconde vie. Les smartphones hors d’usage peuvent être recyclés, et leurs matières premières réutilisées.
Dans un second temps, acheter un smartphone reconditionné est également une manière de limiter le gaspillage de matières premières, et choisir un acteur situé en France est également une façon de limiter les transports internationaux inutiles, de favoriser l’industrie de proximité et d’encourager les emplois locaux.

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